Pour aller plus loin

La Fabrique du Lieu, au travers de ces articles, vous fait part de ses réflexions sur des thématiques très diverses qui animent la profession des architectes-paysagistes face aux enjeux de Développement Durable.
Réflexions, mais aussi livres, articles, expositions, films… qui peuvent nourrir nos projets.
Bonne lecture.

Entre services écosystémiques et paysage : les rapaces

Posted by on 24/09/2018 in Accompagnement du monde agricole, Agriculture | Commentaires fermés sur Entre services écosystémiques et paysage : les rapaces

Entre services écosystémiques et paysage : les rapaces

Les rapaces auxiliaires des cultures

 

Alors que le colza vient d’être semé, plusieurs agriculteurs volontaires de la plaine de Versailles sont venus chercher des perchoirs à rapaces pour les installer dans leurs champs. Motivés par la lutte contre les rongeurs, ces agriculteurs vont indirectement contribuer à la qualité des paysages et à l’enrichissement de la biodiversité.

 

Remise de 25 perchoirs aux agriculteurs volontaires de la plaine de Versailles

En partenariat avec APPVPA et ATENA78

En effet, préserver ou ré-introduire la biodiversité dans l’espace agricole apparaît dorénavant comme une évidence. Et si on parle de services écosystémiques pour l’agriculture, on pense souvent aux haies qui permettent de lutter contre l’érosion, qui protègent du vent, qui favorisent les pollinisateurs… Mais pour les territoires qui n’ont jamais été bocagers, la haie est généralement mal perçue.

 

Il faut alors renverser le raisonnement et partir des problématiques des exploitants agricoles. L’une d’elles concerne les dégâts causés par les rongeurs. Il faut savoir que les rongeurs ont 3 à 4 portées par an et que chacune fait naitre 4 à 10 jeunes qui sont mâture au niveau sexuel à 2-3 mois. Ce qui signifie qu’un couple peut produire 70 à 100 jeunes par an. On imagine donc la force de frappe de ces armées rongeuses ! Parmi eux, le Campagnol des champs, le Mulot sylvestre, les Musaraignes… Ces rongeurs sont granivores, herbivores et insectivores pour les Musaraignes. Elles s’attaquent surtout au lieu de stockage des récoltes mais aussi en plein champ où elles mangent leur poids en plantes et creusent des galeries qui altèrent les racines des céréales.

 

Or les rapaces sont friands de rongeurs qui représentent entre 60 et 90 % de leur alimentation. Mais ils sont devenus rares dans les secteurs de plaines céréalières et en proximité de l’urbanisation et sont globalement en déclin au niveau national. C’est pourquoi, des institutions comme la LPO (mission Rapaces), le CORIF, l’association ATENA 78 (dans les Yvelines), Hommes et Territoire (dans le Centre), les parcs naturels régionaux,… , fabriquent et installent des nichoirs et perchoirs pour les ré-introduire dans l’espace agricole.

 

Il y a les rapaces diurnes qui chassent à la vue :

  • La Buse variable et le Faucon crécerelle chassent à l’affût et ont donc besoin de points hauts où se percher,
  • Le Busard Saint-Martin chasse à la traque en vol au ras du sol,
  • Le Faucon crécerelle qui chasse en vol stationnaire faute de perchoirs,
  • La Corneille noire et le Corbeau freux qui peuvent manger quelques campagnols.

 

Il y a les rapaces nocturnes qui chassent à l’ouïe en se perchant en hauteur :

  • la Chouette hulotte (500g, 100cm d’envergure),
  • le Hibou moyen-duc (350 g, 95 cm d’envergure),
  • L’effraie des clochers (350 g, 95 cm d’envergure),
  • La Chevêche d’Athéna (190g, 60 cm d’envergure).

Ces espèces sont cavernicoles et ont donc besoin de cavités pour se reproduire.

 

Alors, pour répondre à leur besoin de chasse et de reproduction, ces acteurs associatifs ou institutionnels fabriquent et installent différents dispositifs :

  • des nichoirs à l’effraie des clochers sont installés, comme sont nom l’indique, dans les clochers des églises, ou dans des granges agricoles.
  • des nichoirs à Hulotte sont installés dans des arbres au sein d’un secteur favorable (avec un système en polyculture et des arbres creux.
  • des perchoirs à rapaces sont installés dans les plaines dégagées et des versions mobiles permettent de déplacer en fonction des hauteurs des cultures.

 

Ces dispositifs démontrent leur grande efficacité comme en témoignent les résultats de l’association ATENA 78 qui depuis 25 ans a :

  • installé 130 nichoirs sur 75 communes,
  • permis à entre 20 et 50 couples de se reproduire dans ces nichoirs par an,
  • permis la naissance de entre 70 et 340 jeunes par an.

 

 

Les rapaces contribuent à la beauté des paysages

 

La réduction des dégâts dans les cultures agricoles ne peut être directement mesurée, mais l’intérêt grandissant des exploitants laisse supposer que les effets recherchés sont atteints. Cependant, ces petits équipements ne permettent pas d’offrir un cadre paysager qui réponde aux besoins de ces espèces, et peuvent apparaître comme des pansements sur une situation qui nécessiterait un traitement de fond. Comme nous l’avons vu, ces rapaces ont besoin de points hauts et de cavités mais aussi d’un territoire diversifié et sécurisé :

  • sans infrastructures d’importance pour éviter les collisions,
  • sans lignes à haute tension pour éviter l’électrocution,
  • sans traitements d’insecticides pour éviter les empoisonnements,
  • sans grillages dans les ouvertures des clochers et des granges,
  • avec des systèmes anti-noyade dans les abreuvoirs pour éviter les noyades,
  • avec une mosaïque de milieux (prairies, bois, cultures, zones humides…)
  • avec des fauches différenciées,
  • avec des arbres fruitiers,
  • avec des arbres têtards.

 

Si toutes ces conditions dépendent souvent de politique d’aménagement du territoire, la présence d’arbres fruitiers et d’arbres têtards peut se reposer sur tous les aménageurs du territoire, des paysagistes aux particuliers.

 

Les arbres fruitiers étaient cultivés de façon systématique dans le modèle agricole d’avant guerre dans un objectif de subsistance alimentaire. Aujourd’hui la part des arbres de variétés ornementales et des arbres conifères a pris le dessus ce qui n’apporte que peu d’intérêt pour la faune sauvage. Or ces arbres étaient taillés pour favoriser la fructification, ce qui créait des cavités et des points hauts pour les rapaces. Le retour à une alimentation locale peut inciter peu à peu à la replantation d’arbres fruitiers dans les jardins et dans les espaces verts privés et publics. La taille et la récolte des fruits rebutent parfois les paysagistes à conseiller ce type de plantation. Pourtant, en haute tige, la taille n’est nécessaire que les premières années et n’est pas indispensable dans une démarche purement paysagère (contrairement à une démarche agricole et donc économique de production). Quand à la récolte, les fruits ne seront pas perdus pour tout le monde si les humains ne se servent pas…

 

La présence d’arbres têtards était courante jusqu’à l’industrialisation de l’agriculture, ils sont devenus rares dans nos paysages. Ces arbres, généralement des saules, des tilleuls, des frênes et des charmes, étaient taillés régulièrement pour fournir du bois de chauffage, des piquets ou de la vannerie. Cette pratique génère des bourrelets et des cavités qui sont des niches privilégiées pour les rapaces cavernicoles comme les chouettes. Il suffirait de relancer cette pratique en étêtant les arbres à 2,5 mètres de haut puis tailler les rejets tous les 2 à 3 ans.

 

On voit bien que seuls quelques piquets dans les champs ne suffiront pas à préserver ces espèces qui ont besoin d’un environnement qualitatif et diversifié. Mais les agriculteurs sont très sensibles à la présence de la faune sauvage sur leur terre. Munis de fiche de relevés, ils auront à noter la présence des rapaces sur ces perchoirs et apprendront donc à les reconnaître et à les observer. Il y a donc de fortes chances qu’un certain attachement se développe avec ces animaux au faciès fascinant et que d’autres actions suivent pour leur assurer un meilleur cadre de vie.

Artificialisation du sol pour le réseau des AMAP

Posted by on 5/07/2018 in Accompagnement du monde agricole, Agriculture, Publications / Conférences | Commentaires fermés sur Artificialisation du sol pour le réseau des AMAP

Artificialisation du sol pour le réseau des AMAP

Nicolas Tinet a été sollicité par le réseau des AMAP pour rédiger cette plaquette afin de sensibiliser les citoyens à la problématique de la consommation des terres agricoles et donner des pistes d’cations.

 

Artificialisation_du_sol_web

Site de la Chênaie à Oussières – QUESTIONNAIRE

Posted by on 26/03/2018 in Participation | Commentaires fermés sur Site de la Chênaie à Oussières – QUESTIONNAIRE

Site de la Chênaie à Oussières – QUESTIONNAIRE

Dans le cadre de l’élaboration du plan de gestion du site de la Chênaie à Oussières, un questionnaire est mis en place pour capter les usages du site et les perceptions. En tant qu’habitant de la commune d’Oussières, vous êtes invités à y répondre en cliquant sur le lien suivant :

QUESTIONNAIRE – CHÊNAIE – OUSSIERES

 

La place du paysagiste dans le monde agricole

Posted by on 26/01/2018 in Paysage, Publications / Conférences, Recherches | Commentaires fermés sur La place du paysagiste dans le monde agricole

La place du paysagiste dans le monde agricole

La revue scientifique « Projets de paysage » vient de sortir un dossier thématique sur le rôle de l’agriculture en matière de paysage. Laurence Renard a contribué à ce dossier par un article dans la catégorie « Matières premières » :

La place du paysagiste dans le monde agricole

L’artificialisation des sols, une problématique urgente à prendre en compte

Posted by on 10/01/2018 in Agriculture | Commentaires fermés sur L’artificialisation des sols, une problématique urgente à prendre en compte

L’artificialisation des sols, une problématique urgente à prendre en compte

De quoi parle-t-on ?

 

On entend très souvent la phrase suivante qui revient à chaque fois comme une alerte pour les citoyens que nous sommes : « Tous les sept ans, l’équivalent de la surface d’un département français est artificialisé ». On peut aussi trouver d’autres chiffres qui parleront plus ou moins :

  • Chaque jour, 165 hectares de milieux naturels et agricoles sont détruits
  • Cela correspond à environ 6 hectares par heure.

 

Quand on pense à artificialisation, on pense naturellement à la construction de routes, d’habitations, ou de zones d’activités. Mais rentre également dans l’artificialisation :

  • La mise en culture des espaces de prairie ce qui génère une perte en biodiversité importante et une moins bonne infiltration des eaux dans le sol.
  • Certains milieux forestiers gérés de façon trop intensive en monoculture, comme les peupleraies par exemple.
  • Les délaissés routiers.
  • Les équipements sportifs et militaires.

Toutefois, si ces espaces apparaissent également artificialisés, leur réversibilité est plus facile que pour les infrastructures de transport, les habitations ou les zones d’activités.

 

Les conséquences de cette artificialisation :

  • Une perte de biodiversité manifeste.
  • Des problèmes d’érosion, de ruissellement, d’inondations, d’augmentation des risques en général.
  • La fragmentation des corridors écologiques et donc une atteinte à la survie d’un certain nombre d’espèces qui ont besoin de circuler pour chasser, se nourrir, se reproduire
  • Et bien entendu, la diminution des surfaces agricoles disponibles.

 

 

Le modèle français en question (un peu d’histoire rapide)

 

Durant les 30 glorieuses, de manière concomitante au développement urbain, on crée le mythe de la maison individuelle. Avant, les maisons avec du terrain étaient réservées aux zones rurales. Désormais, chacun pourra disposer d’un lopin de terre et d’une maison pas chère en ville (ou à proximité). L’industrialisation des techniques et des matériaux de construction, rendant accessible à de nombreux français l’achat d’un tel bien. C’est dans cette période que vont se développer les milliers d’hectares de zones pavillonnaires que nous connaissons bien. Phénomène auquel on peut ajouter le développement des zones d’activités d’entrée de ville qui vont peu à peu s’imposer à toutes les villes moyennes sur le territoire national. Rappelons que le supermarché est une invention française (et nord-américaine) et un secteur économique (et un lobby) de poids. A cette époque, la consommation de terres agricoles n’est pas considérée comme un problème. En effet, les gains de productivité de l’agriculture d’après-guerre, dus à l’utilisation de la chimie et à la mécanisation principalement, permettent d’augmenter considérablement les rendements, tout en voyant la surface de terres productives réduire. Ainsi, les zones agricoles et naturelles péri-urbaines deviennent des secteurs potentiels de construction. Les agriculteurs et propriétaires bénéficiant par ailleurs des revenus occasionnés par la vente des terres sous la forme de compensation individuelle.

 

Un enjeu majeur

 

Cet enjeu de l’artificialisation ne doit toutefois pas être uniquement vu comme un problème uniquement agricole et technique. On nous rabâche constamment la question du réchauffement climatique de façon culpabilisatrice sans que nous puissions avoir de prise réelle sur ce phénomène. Là, il s’agit d’un phénomène concret sur lequel nous pouvons agir à l’échelle nationale, et qui ne dépend pas de nos dirigeants planétaires. Cet enjeu mêle à la fois des considérations économiques, environnementales, sociales et sociétales.

Économiquement, le développement de l’urbanisation tel que nous l’avons vécu coûte cher. Les dépenses liées aux infrastructures de réseaux et de transport liées à cette forme de développement sont imputées au contribuable qui en assure le coût. De même, les externalités négatives des projets liées à la pollution ou encore la réhabilitation des friches des zones d’activités (phénomène de plus en plus important) devra être pris en charge par la puissance publique.

D’un point de vue environnemental, l’artificialisation diminue la biodiversité, constitue des ruptures dans les trames vertes, accentue le ruissellement et l’érosion des sols, limite la capacité d’absorption du carbone… Lutter contre l’artificialisation, c’est vouloir un environnement plus sein, naturel et de qualité pour les habitants que nous sommes. Par ailleurs, l’étalement urbain renforce le besoin en mobilité et donc en transport, principalement individuel, qui participe à l’émission des Gaz à Effet de Serre.

D’un point de vue urbain, social et sociétal, l’artificialisation modifie considérablement la structure urbaine du pays. En effet, on constate ces dernières décennies un phénomène d’abandon des centres bourgs au profit de leurs périphéries, principalement dans les villes moyennes de province. L’habitat traditionnel des centres bourgs, moins adapté aux usages actuels (difficulté de stationnement et de circulation automobile dans les centres anciens, jardins de taille modeste) est de plus en plus vacant et se dégrade, pendant que des maisons individuelles standardisées poussent sous la forme de lotissements ou d’ouvertures isolées de terrains à bâtir. Les conséquences sont désastreuses pour les communes avec des centres qui se meurent (disparition du commerce, dégradation du bâti) ou qui se muséifient pour les villes et villages ayant un intérêt patrimonial. A terme, c’est le paysage français des 36 000 communes et de leur clocher qui est menacé par ces nouvelles formes d’habiter auxquelles s’ajoute le développement des zones d’activités.

 

Les outils actuels de lutte contre l’artificialisation

 

Il existe différents leviers qu’ils soient techniques (taxe sur les plus-values), politiques (dispositifs d’aides indirectes à l’agriculture), institutionnelles (SAFER), associatives (Terre de liens) ou règlementaires (PLU, SCoT, ZAP) pour lutter contre ce phénomène d’artificialisation.

Nous allons ici nous concentrer sur deux outils moins connus mais qui jouent (ou pourraient jouer) un rôle important dans la lutte contre l’artificialisation :

  • les CDPENAF (Commission Départementale des Espaces Naturels Agricoles et Forestiers) que nous connaissons bien et à laquelle nous participons en tant que représentants des AMAP d’Ile-de-France.
  • La compensation agricole collective, outil plus récent, et dont les études seront instruites justement dans les CDPENAF.

 

Les CDPENAF

Aujourd’hui, ce sont les communes, ou les intercommunalités, qui ont la compétence d’aménagement de leur territoire et qui règlementent le droit des sols, tout en devant être compatibles (à minima prendre en compte) les documents de planification d’échelle supérieure (notamment le SDRIF en Ile-de-France ou les SRADDET en région). La logique de concurrence entre les territoires, corrélée aux besoins croissants en logement, pousse ces derniers à attirer entreprises et nouveaux habitants par tous les moyens en continuant de développer ces modèles d’urbanisation. L’état, conscient du problème, cherche à réguler ce phénomène. La création des Commissions Départementales de Consommation des Espaces Agricoles en 2010, remplacés en 2015 par les Commissions Départementales de Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers, doit répondre à cet objectif de lutte contre l’artificialisation des sols. Cette commission peut être consultée pour toute question relative à la réduction des surfaces naturelles, forestières et à vocation ou à usage agricole, et sur les moyens de contribuer à la limitation de la consommation de ces espaces. Dans les faits, elle statue principalement sur les documents d’urbanisme et sur les permis de construire dans les zones agricoles, pour les communes ne disposant pas de document d’urbanisme. Plus concrètement, lors de l’analyse d’un PLU qui consomme des terres agricoles, la CDPENAF va regarder quelles sont les volontés de développement de la commune et comment s’incarne cette ambition. Elle va préconiser en priorité la densification dans le tissu urbain existant avec des objectifs de logements par hectares. La commission va également être vigilante à lutter contre le développement du mitage dans les espaces agricoles et naturels en limitant la construction de logements.

Les CDPENAF, composées de représentants des collectivités, d’associations en lien avec l’environnement, la forêt ou la nature, et de représentants du monde agricole (chambre d’agriculture, SAFER, syndicats agricoles…) apparaît ainsi comme un outil intéressant mais dont la force de l’avis restreint considérablement le pouvoir. En effet, cette commission, en dehors de quelques cas spécifiques, ne rend qu’un avis simple et non conforme limitant de fait sa capacité d’actions. L’autre limite étant que certains projets, dès lors qu’ils sont déclarés d’intérêt national ou qu’ils obéissent à des injonctions supérieures, passent au-delà de cette commission et de son esprit. Un des exemples locaux les plus emblématique étant le projet du Plateau de Saclay. Dans le cadre de cette Opération d’Intérêt National, plus de 400 hectares de terres agricoles, parmi les plus fertiles du pays, sont ou vont être artificialisés. Dernièrement, la candidature pour l’exposition Universelle de 2025 prévoit encore l’artificialisation de plus de 110 hectares supplémentaires.

 

Aujourd’hui, de nombreuses associations souhaiteraient que l’état renforce le rôle des CDPENAF avec un avis qui ne serait plus « simple » mais « conforme ». D’autres acteurs y sont opposés, en argumentant sur la question de la légitimité de cette commission qui n’est pas composée de membres élus, face à celle des maires et des élus du territoire.

 

La compensation agricole collective

Le Ministère de la Transition écologique et solidaire défend, dans le cadre de ses politiques publiques le principe suivant. Tout projet qui impacte des zones naturelles, agricoles ou forestières doit appliquer le triptyque: « Eviter, réduire et compenser ». Si les mesures d’évitement et de réduction ne sont pas suffisantes, alors des mesures de compensation sont prévues.

Depuis le décret du 31 Août 2016, relatif à l’étude préalable et aux mesures de compensation, a été créé le dispositif de « compensation agricole collectif ». Pour faire simple, jusqu’ici lorsqu’un projet impactait des terres agricoles, seul l’agriculteur impacté recevait une compensation individuelle. Avec ce nouveau décret, le porteur de projet, qu’il soit public ou privé, doit proposer des mesures de compensation sur l’ensemble de la filière touchée par le projet. Ces mesures de compensation devront forcément bénéficier à plus d’une exploitation, et pourront être de deux types :

  • Des compensations foncières collectives qui visent la reconstitution du potentiel de production : réhabilitation de friches, échanges parcellaires, chemins agricoles, aménagement foncier…
  • Le financement de projets collectifs avec la mise en place d’un projet ou d’une politique locale de développement : installation d’équipements agricoles structurants, circuits courts, appui technique ou juridique, financement d’études…

Ce principe de compensation collective a fait l’objet d’une négociation entre l’état et ses partenaires sur le sujet. Le monde associatif et agricole en sort globalement satisfait, moins les acteurs économiques, qui estiment que cette nouvelle mesure va créer des freins au bon développement de l’économie du pays. Si cette nouvelle mesure est imparfaite, elle va toutefois dans le bon sens et tend à rééquilibrer un peu les arbitrages en faveur de l’agriculture, secteur qui souffre terriblement d’être le parent pauvre des politiques publiques depuis trop longtemps.

 

A noter que les CDPENAF seront saisis par le préfet pour rendre un avis motivé sur les mesures de compensation agricole collectives.

 

 

Conclusion

 

Les planètes semblent aujourd’hui s’aligner pour que la puissance publique puisse davantage réguler ce phénomène d’artificialisation des sols. La lutte contre le dérèglement climatique érigée en dogmepar nos politiques (« Make our planet great again ») engage la responsabilité de ces derniers à agir là où les politiques de leurs prédécesseurs encourageaient le phénomène. Les nouveaux outils s’inscrivent dans ce cadre et devront faire la preuve de leur efficacité dans les années à venir. Mais au-delà de ces outils, il est important de faire de la lutte contre l’artificialisation des sols une question politique. L’exemple actuel de Notre Dame des Landes pourrait constituer un premier exemple d’une meilleure considération des espaces naturels et agricoles. On pourrait attendre et commenter tous les rapports techniques possibles et inimaginables, il s’agit en réalité d’un choix politique. Souhaitons-nous poursuivre la fuite en avant vers un développement non durable ? Ou l’environnement et l’agriculture deviennent-ils de nouvelles variables à prendre en considération au même niveau que l’économie et « le développement » ? A suivre…

Agriculture et PLU

Posted by on 6/04/2017 in Agriculture, Paysage | Commentaires fermés sur Agriculture et PLU

Agriculture et PLU

En tant que professionnels exerçant principalement dans le milieu rural, nous sommes très régulièrement confrontés aux problématiques agricoles actuelles :

  • Changement structurel avec le développement des grandes cultures céréalières à la place de l’élevage ou du maraîchage
  • Changement d’économie avec des exploitations de plus en plus grosses
  • Développement continue de la mécanisation.
  • Poursuite constante de l’urbanisation de bonnes terres
  • Avancée de la forêt au détriment des terres agricoles renforcée par le classement systématique en EBC
  • Interdiction de construire de nouveaux sièges d’exploitation dans certains secteurs classés ou hors pastillage
  • Protection inadaptée des éléments bâtis ou paysagers
  • Parcelles enclavées….

Toutes ces évolutions ont des répercussions sur le paysage agricole avec une tendance à la banalisation de ces paysages par la suppression d’un certain nombre d’éléments paysagers qu’ils soient naturels (haies, arbres isolés, fossés, mares…) ou bâtis (maisons, granges, murs).

Dans les territoires pleinement ruraux, ceux situés loin des villes, l’agriculture reste maîtresse chez elle, comme en atteste encore le nombre de maires agriculteurs (1% de la population mais 13,7% des maires en France). En revanche, dans les territoires péri-urbains, de nouvelles relations émergent entre les institutions, les communes, les habitants et le monde agricole. Avec le développement toujours plus important des villes et de leurs fonctions métropolitaines, conjuguée avec les nouvelles aspirations des habitants, c’est une nouvelle relation à créer entre des publics qui se regardent, s’observent, sans savoir toujours s’apprivoiser mutuellement. Les conflits d’usage apparaissent ainsi de plus en plus fréquents entre des habitants aux modes de vie urbains, et les paysans. Le bruit, l’odeur, les traitements, l’utilisation de chemins, la circulation, sont autant d’occasion de confrontations entre les habitants et les paysans.

En parallèle de ces phénomènes, on assiste à une évolution des modes de vie des habitants, plus soucieux de la qualité de leur alimentation notamment, et qui cherchent à retrouver un lien avec le monde agricole. Ce mouvement s’exprime notamment dans les AMAP, les ventes à la ferme ou les magasins de producteurs qui fonctionnent bien et offrent de nouvelles perspectives aux agriculteurs « de proximité ». Dans le prolongement de ces réflexions, les élus s’intéressent également de plus en plus au sujet.

Ainsi, l’agriculture, jusqu’ici très discrète dans le cadre des politiques urbaines, devient un enjeu fort pour les communes. Aujourd’hui, les Plan Locaux d’Urbanisme sont les documents qui fondent les principes des politiques des communes, ils sont à la fois des outils de diagnostic, de prospective, réglementaires, et opérationnels. Ainsi, à l’échelle des communes, il est nécessaire de mieux prendre en compte la question de l’agriculture dans ces documents d’urbanisme, pour développer de nouveaux rapports, plus inclusifs, entre agriculteurs, communes et habitants.

 

Le diagnostic du PLU

 Sur le fond, le diagnostic du PLU est l’occasion de faire un état des lieux, afin de déterminer les enjeux de la commune. Dans la majorité des PLU, les espaces agricoles sont simplement cartographiés avec les différentes exploitations. Un travail plus fin est nécessaire pour mieux connaître la réalité du monde agricole. Pour cela, il est nécessaire de rencontrer les paysans, de manière individuelle ou en groupe. Dans un souci d’économie de temps, un questionnaire peut être envoyé aux agriculteurs. Il s’agira de mieux connaître :

  • Leur exploitation, la taille des parcelles et leur localisation.
  • Le profil du ou des exploitant(s) : âge (pour anticiper les reprises), statut (fermage ou propriétaire), engagement syndical et associatif.
  • Les liens des exploitations entre elles.
  • Les produits et leurs débouchés. Marchés locaux ou agriculture d’exportation ?
  • Les équipements (stockage, transformation) existants
  • Les trajets utilisés et la taille des engins
  • Les différentes temporalités des travaux aux champs : traitement, utilisation d’engins, récoltes, etc…
  • Leurs besoins et leurs perspectives d’évolution.

Tous ces éléments permettront de se faire une idée beaucoup plus précise de la réalité des exploitants et de leurs usages du territoire.

En complément de ce travail d’enquête, d’autres éléments peuvent être analysés:

  • Un recensement des frichs avec une explication sur les causes de l’enfrichement (pollution du sol, qualité agronomique faible, pas de reprise de l’exploitation, etc.) .
  • La qualité et la diversité des filières (abattoirs, unités de transformation points de vente)
  • Les relations avec les autres communes proches afin éventuellement de mutualiser certains outils ou certaines démarches.

Sur la forme, le diagnostic doit constituer le point de départ d’un travail de concertation permettant de créer une véritable culture commune autour de l’agriculture. Ces temps d’échanges, qu’ils soient formels ou informels permettent de faire tomber des barrières très souvent liées aux postures de base des uns et des autres. Par ailleurs, si le public agricole constitue un public pas toujours rompu aux réunions et au travail collectif, il est très important d’avoir au minimum un ou deux moments d’échanges collectifs, afin que chacun puisse mieux connaître les autres acteurs du monde agricoles, ses contraintes et sa façon de travailler. Les échanges avec les habitants doivent également permettre de cerner leurs éventuelles attentes sur le sujet.

L’objectif de tout ce travail est de produire un diagnostic au plus proche de la réalité, et qui soit partagé par l’ensemble des acteurs agricoles. Le diagnostic se conclut par la définition des enjeux qui intègreront bien entendu les problématiques liées à l’agriculture.

 

Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable

 Une fois les enjeux exprimés, il est temps d’élaborer le projet communal à l’horizon 10 – 15 ans, en intégrant l’agriculture comme partie intégrante du projet. Le PADD a trop souvent tendance à se focaliser sur l’évolution strictement urbaine et le développement de l’urbanisation, considérant les zones agricoles comme des zones blanches, qui ont vocation à être bâties. Les agriculteurs sont parfois responsables de ces politiques en cherchant à rendre constructibles leurs terrains par tous les moyens.

Ainsi, dans un premier temps, deux principes doivent être exprimés.

Le premier réside dans l’incitation à la densification. Le temps de l’étalement urbain et de la consommation des terres agricoles pour l’urbanisation est fini. Mais la densification a toutefois ses limites, on ne peut entasser les gens les uns sur les autres sans impact sur le cadre de vie. De même certaines communes n’ont quasiment aucune opportunité foncière dans leurs centres agglomérés. Un travail subtil doit être réalisé pour déterminer les opportunités réelles de densification. Les communes doivent également lutter contre la vacance et encourager les réhabilitations des centres anciens, à la fois dans une logique de densification mais aussi pour maintenir (et parfois sauver) le patrimoine bâti ordinaire incarné par les maisons de bourg, et in fine, la vie des petites villes et des villages. Il s’agit d’un enjeu politique très important et qui devient urgent à l’heure où de plus en plus de communes perdent leurs commerces, et leur dynamisme, au profit des zones d’activités.

Le second principe réside dans la préservation de toutes les surfaces agricoles et de leur diversité. Un projet d’ouverture à l’urbanisation doit se faire en fonction de multiples critères : desserte, lien avec le bâti existant, présence d’équipements, etc. Si nous comprenons le besoin de développement des communes, il ne doit pas se faire uniquement selon les opportunités de friches agricoles qui existent. Bien sûr, certaines terres sont moins favorables que d’autres et n’ont pas le même potentiel agronomique. Mais avant de les ouvrir à l’urbanisation, il est important de faire des démarches auprès des autres agriculteurs de la commune, voire auprès de paysans à la recherche de terre pour voir si une valorisation agricole n’est pas possible. Tous les types d’agriculture n’ont pas les mêmes besoins et certaines terres non rentables pour certains, peuvent s’avérer précieuses pour d’autres.

Au-delà de ces deux principes, l’agriculture peut être déclinée à travers d’autres thématiques :

  • Le paysage bien sûr avec la préservation des structures et éléments paysagers hérités des systèmes agro-sylvo-pastoraux anciens et qui forment l’identité du paysage local.
  • L’économie en intégrant notamment la question des circuits-courts et les besoins des agriculteurs pour répondre à la demande locale.
  • Les déplacements en travaillant avec les agriculteurs sur l’entretien des chemins et les éventuels conflits d’usage. Des conventions peuvent d’ailleurs être mises en place avec les paysans pour entretenir les chemins communaux.
  • L’environnement à travers le respect des bonnes pratiques, la diminution des pollutions d’origine agricole, ou encore la lutte contre les ruissellements.

 

Le règlement

Le règlement du PLU a pour vocation de transcrire les orientations du PADD et est opposable aux tiers.

Les zones N (Naturelles et Forestières) et A (Agricole) sont les deux zones particulièrement liées à l’activité agricole. Au niveau de l’occupation du sol, la distinction est assez facile, les terres agricoles sont classées en A, tandis que les espaces naturels non agricoles sont classés en N.

La distinction entre les deux types de zones est principalement liée aux règles entourant le bâti. En zone A comme en zone N, les constructions sont interdites en dehors des constructions liées à l’activité agricole ou forestière et des équipements publics dès lors qu’ils n’entravent pas ses activités. En revanche, la règle entourant le changement de destination des bâtiments n’est pas la même.

  • En zone N, c’est le règlement du PLU qui autorise les constructions ou pas. Ainsi, il est possible d’exclure les constructions agricoles du changement de destination y compris les constructions d’intérêt patrimonial. De même, il est possible d’autoriser les changements de destination car en zone N, les destinations non agricoles peuvent être autorisées.
  • En zone A, c’est l’article L-123-3-1 du code de l’urbanisme qui s’applique. Autrement dit, les changements de destination des bâtiments sont autorisés uniquement sur les bâtiments qui en raison de leur intérêt architectural ou patrimonial peuvent faire l’objet d’un changement de destination.

En conséquence, une étude fine doit être faite lors de la phase de diagnostic pour déterminer d’une part les besoins et éventuels projets des agriculteurs en lien avec le bâti de leur exploitation, et d’autre part l’intérêt architectural ou patrimonial de ces bâtiments. L’objectif étant de mettre en place une réglementation qui permette à la fois de maintenir les éléments patrimoniaux identitaires, tout en permettant l’évolution du bâti agricole en lien avec les changements de pratiques.

Il existe également d’autres outils règlementaires du PLU qui peuvent trouver un lien avec l’agriculture :

  • L’instauration d’emplacements réservés. Peut notamment être utile pour créer ou élargir un point de passage pour les engins agricoles, ou encore pour créer ou reconquérir des chemins ruraux.
  • Le classement en Espaces Boisés Classés. Il s’agit d’un classement avec lequel il faut prendre des précautions. En effet, certaines communes, dès lors qu’elles voient quelques arbres sont tentées de classer des espaces en EBC. Si l’intention est louable, elle pose question sur la durée. En effet, certaines terres peuvent s’enfricher et atteindre assez rapidement un aspect forestier. Cela peut poser problème si la vocation du terrain reste potentiellement agricole car les démarches pour reprendre une activité agricole dessus vont être longues et couteuses car elles nécessitent une révision du PLU pour déclasser un EBC.
  • L’article L. 123-1-5, 7° du code de l’urbanisme prévoit que le PLU peut « identifier et localiser les éléments de paysage et délimiter les quartiers, îlots, immeubles, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d’ordre culturel, historique ou écologique et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur protection ». Cet article est intéressant car il permet de préserver des éléments du paysage liés à l’agriculture. Il peut s’agir d’éléments naturels (arbres isolés, vergers, haies, fossés, etc.) ou bâti (grange, fermes, puits, etc.).

 

Les Orientations d’Aménagement et de Programmation

 Les OAP sont des orientations portant soit sur des secteurs précis (Ex : le futur lotissement imaginé dans la zone AU) ayant vocation à être aménagés, soit sur des thématiques transversales à l’échelle de la commune (ex : traitement des lisières, clôtures).

Les OAP, aujourd’hui principalement utilisées dans le cadre d’ouverture de secteur à l’urbanisation, constituent un moyen de protéger un certain nombre d’éléments du patrimoine agricole. Par exemple, une commune autrefois couverte de verger mais à l’activité arboricole actuelle peu dynamique, comporte encore de nombreuses traces de vergers anciens sur des parcelles dont la vocation est de s’ouvrir à l’urbanisation. L’OAP peut proposer des orientations d’aménagement qui permettent le maintien de ces éléments patrimoniaux. Ça peut également être le cas pour des jardins potagers / ouvriers / familiaux. Il ne s’agit alors pas de l’activité agricole au sens professionnel, mais de continuer à vivre l’agriculture urbaine sous des formes différentes. A l’heure du retour et du développement des jardins familiaux dans les communes françaises, les OAP peuvent permettre d’accompagner cette évolution.

 

Conclusion

Pour conclure, le PLU est un moyen d’affirmer un certain nombre de principes sur la place que l’on souhaite donner à l’agriculture. Pour toutes les communes qui disposent d’exploitations agricoles, l’élaboration d’un PLU est l’occasion d’entamer un véritable travail de fond avec les agriculteurs. Avec les changements de pratiques des consommateurs qui recherchent de plus en plus de produits locaux, l’agriculture constitue un enjeu fort que ce soit en termes de paysage, d’économie, d’environnement et même de santé publique.

Trémargat – les travaux paysagers ont commencé

Posted by on 7/03/2017 in Participation, Paysage | Commentaires fermés sur Trémargat – les travaux paysagers ont commencé

Trémargat – les travaux paysagers ont commencé

On nous dit souvent que notre étude ne doit pas rester dans une étagère et c’est pourquoi nous nous battons pour que les projets soient imaginés en concertation. Si la population et les acteurs sont mobilisés en amont, nous mettons toutes les chances de notre côté pour que cela aboutisse à des réalisations concrètes.

La preuve en image :

Avant

Après

AvantAprès

 

Paysage, urbanisme, architecture: même combat!

Posted by on 16/01/2017 in Espace public, Non classé, Paysage | Commentaires fermés sur Paysage, urbanisme, architecture: même combat!

Paysage, urbanisme, architecture: même combat!

Emmanuel Gros a été stagiaire à la Fabrique du lieu pendant trois mois à l’été 2016. Il nous livre ici ses impressions et ses questionnements sur son métier et ses interactions avec les autres professions de l’aménagement.

« Pour toi, existe-t-il des différences entre urbaniste et paysagiste? » Cette question m’a été posée par Nicolas Tinet lors d’un entretien que nous avions eu préalablement au stage que j’ai effectué à La Fabrique du Lieu au cours de l’été 2016. À froid, il m’avait alors été difficile de répondre de manière conséquente à une question qui, inconsciemment, me passait par la tête depuis quelques années maintenant. Paysagistes, urbanistes et architectes font-ils exactement le même métier? Pour des enjeux d’aménagement similaires, qu’est-ce qui explique que ces professions répondent souvent différemment? Et ces divers regards tels qu’ils sont exprimés aujourd’hui sont-ils souhaitables?

Des approches différentes pour des objectifs communs

De façon générale, un certain nombre de principes et intentions sont partagés par ces trois professions. Le sujet d’étude concerne la ville et les territoires dans toutes leurs composantes: l’habitat, les modes de déplacements, les usages, les espaces publics, les infrastructures, l’agriculture, la forêt ou encore les sites industriels entre autres. Dans tout les cas, la notion de « contexte » doit pouvoir justifier les choix du projet. Plus largement, les mobilités douces, d’urbanité, d’écologie urbaine, ou de réemploi des ressources en place sont une partie des grands enjeux qui animent ces différents métiers, et qui les fédèrent.

Il existe cependant quelques subtilités dans l’approche et la méthode de projet. Tout d’abord, je dirais que les paysagistes et les architectes ont pour principal point commun d’avoir une approche de projet qui vise à spatialiser un espace vide ou plein par deux principaux outils que sont le dessin et la maquette. Les urbanistes ont un rapport plus théorique et réglementaire au projet. C’est pour cela qu’ils sont d’avantage aptes à travailler du coté de la collectivité, pour la rédaction de cahiers des charges ou de documents d’urbanisme. Ils ont une approche plus programmatique que les architectes et les paysagistes qui cherchent à donner une forme à ce programme.

Même si le dessin prime en architecture et en paysage, les approches demeurent souvent assez différentes. Les paysagistes font du vivant, du relief, du sol ou encore des hommes les ressources principales à partir desquelles ils vont faire émerger leur projet. Tandis que les architectes, s’intéresseront à ces notions dans un second temps, après avoir réfléchi à l’espace construit. L’approche des paysagistes se veut surement plus « mouvante » et moins « tangible » que celle des architectes.

Des écoles trop peu enclins aux échanges

Finalement, pourquoi paysagistes, architectes et urbanistes sont-ils si renfermés dans leurs démarches? Certaines situations que j’ai pu rencontrer dans le cadre de mes études illustrent cette absence de dialogue entre ces métiers.

En effet, cette question que m’a posé Nicolas réinterroge l’enseignement de ces différents corps de métier. Après avoir effectué mes deux premières années à Versailles, ainsi qu’une année de paysage à l’école de Gembloux, je termine actuellement mon cursus d’études en paysage à l’école de Marseille. Auparavant, c’est par deux années à l’IUT de Gestion urbaine à Aix-en-Provence que l’envie de devenir paysagiste m’est venue.

Avec du recul, j’ai le sentiment que l’entre-soi qu’induisent ces écoles ont pu appauvrir l’apport si « transversal » et « généraliste » qu’elles se plaisent à promouvoir. À l’école du paysage, la quasi-totalité des enseignants sont paysagistes diplômés de l’école de Versailles-Marseille. Et le regard qu’ils portent sur les architectes et les urbanistes est, me semble-t-il, souvent réducteur. Je me souviens notamment de sorties sur des projets réalisés par des architectes, où des enseignants disaient parfois « ah vous voyez cet espace public… encore un travail d’architecte! ».

Autre exemple, à l’école de paysage de Marseille. En janvier 2016, les écoles de paysage et d’architecture organisaient deux semaines de workshop avec pour sujet, le Parc National des Calanques. Elles avaient la vague idée de venir assister à des séances de réflexion et de rendu. Les étudiants de l’école d’architecture ne seront finalement jamais venus si ce n’est seulement deux de leurs encadrants. L’école de paysage s’est elle, déplacée en plus grand nombre (environ 15 étudiants).

Nous percevions alors les approches si opposées des deux écoles. À l’école de paysage, notre culture et formation s’accordaient à dire que la beauté du site des Calanques s’est formée naturellement et détient déjà à la base un caractère exceptionnel. Les projets visaient alors à mener des intentions assez minimalistes comme par exemple, l’aménagement plus francs de points de vues ou encore l’accueil du public dans un site au sol pollué par les scories mais à la végétation unique, en prise direct avec la ville et à la place trop importante accordée à la voiture.

Lorsque nous sommes allés voir les restitutions des étudiants de l’école d’architecture, l’approche était alors totalement opposée. L’idée était ici d’imaginer des architectures complètement utopiques et futuristes le temps d’un workshop d’une semaine. Les images présentées étaient bien loin de ce que nous avions imaginé une semaine plus tôt. Je me souviens notamment de trois barres d’immeubles ouvertes sur le paysage par leurs structures, larges de 45 mètres et longues de presque 1 kilomètre de la mer, jusqu’aux collines. Lorsque le masterplan du projet a été affiché au début du rendu, ce projet était pour moi tellement hors-contexte que j’ai cru qu’il s’agissait de trois traits de coupe un peu larges allant des collines à la mer… À la fin des restitutions, un ami de promo indigné par ces images, m’a même confié: « tu vois dans ces écoles d’archi, ils feraient bien de faire un peu plus de socio et d’écologie que d’autocad et de photoshop! ».

 

 

 

 

 

 

Un des projets de l’école d’architecture imagine qu’en 2030, la crise pétrolière ne permettra plus la délocalisation de l’industrie. Une des idées visait à imaginer de manière extrapolée ce que pourrait devenir ce site dans le cadre d’une industrialisation massive, en tirant partie des ressources existantes: la mer, du calcaire et un site industriel à l’abandon.

 

 

 

 

 

Notre approche à l’école du paysage a été, entre autre, de favoriser la colonisation de la plante Phrygane, caractéristique du parc national des Calanques, en perçant à certains endroits l’enrobé et marquant ainsi d’avantage les cheminements face aux fortes influences liées au tourisme.

Un cloisonnement des professions responsable des maux de l’urbanisation actuelle?

Ces divergences entre ces différentes professions constituent certainement l’une des causes à l’urbanisation du zoning et de la consommation d’espace. Ce manque de dialogue et d’ouverture d’esprit laisse ainsi libre-court à l’arrivée d’espaces monofonctionnels et sectorisés où l’usage de la voiture devient la seule solution au déplacement et où la notion de partage et de rencontre ne fonctionne plus. Dans le même temps, les paysages agricoles se banalisent, les sols s’appauvrissent et les terrains s’enfrichent.

Or, architectes, paysagistes et urbanistes s’accordent à dire que la notion de « local » doit d’avantage être prise en compte dans les projets de territoire. Il faut à la fois permettre aux habitants des villes de retrouver les héritages de leurs campagnes qu’ils ont souvent perdus par une consommation infinie de l’espace. Et dans le même temps, redynamiser les territoires ruraux par des formes de lien social que les grandes villes expérimentent de façon intelligente. Cette hybridation des usages et des manières d’habiter la ville doit donc être le résultat d’une cohésion entre architectes, paysagistes et urbanistes qui n’existe pas assez. De façon générale, cette cohésion est d’autant plus importante si l’on ne souhaite pas bafouer l’idée de « contexte », à laquelle ces professions sont également attachées.

Des métiers différents, mais un projet commun

Qu’il s’agisse du rapport au site ou de la méthode de projet, il est donc clair qu’il existe de nettes différences entre paysagistes, urbanistes et architectes. Les clivages sont souvent trop importants et la concurrence encore trop perceptibles dans les débats. Ce qui à terme, tend à gangréner les intentions de projets communes à ces trois métiers. Ils ont chacun des angles d’attaque qui leurs sont propres et qui enrichissent les projets d’aménagement du territoire. Il est certain que ces professions se doivent de les défendre et d’affirmer ces différentes sensibilités. Mais il ne s’agit pas de le faire pour être dans un rapport de confrontation mais bien pour concevoir au mieux ensemble les villes et les territoires. On pourra donc considérer qu’elles tendront vers le même projet lorsqu’elles se rejoindront d’avantage. Il s’agira de mieux accepter les subtilités de chacune dans les projets d’aménagement.

Dans une vision utopique, une seule et même école du territoire pourrait alors être créée et répartie partout en France comme c’est déjà le cas. Un cursus commun pourrait se faire les deux ou trois premières années, avec des cours aussi transversaux que le dessin à main levé et informatique, l’art plastique, la botanique, la pédologie, l’écologie, les sciences humaines (histoire des villes et des territoires, sociologie, géographie, sciences politiques et jeux d’acteurs…), les techniques de construction, de plantation et d’aménagement, entre autres. Et bien sur une discipline forte: le projet, qui durant ces trois premières années viseraient avant tout, à donner des clés et des méthodes aux étudiants. Cela permettrait alors de faire dialoguer davantage des futurs professionnels de l’aménagement pour avoir une pensée commune de la ville et des territoires et ce à toutes les échelles d’intervention. Pour ne pas non plus standardiser cette première entrée en matière, des options tournées vers les trois domaines et un découpage en petits groupes pourrait être privilégié par les étudiants. Les deux ou trois dernières années seraient ensuite dédiées à un champ plus spécifique que serait le paysage, l’urbanisme ou l’architecture. À Marseille, ce mode d’enseignement pourrait bientôt apparaitre avec l’arrivée de l’Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoire de Marseille visant à rassembler les écoles de paysage et d’architecture de Marseille et l’institut d’urbanisme d’Aix-en-Provence.

Enfin, je dirais que le projet de requalification de la place de la République à Paris est exemplaire dans la manière dont les architectes de l’agence TVK ont mis a profit le potentiel d’urbanité possible sur ce site. Cette grande agora ouverte laisse libre-court à des usages et des manifestations très diverses dont l’espace public doit avant tout être le support. La simplicité de cette ouverture et les micro-jeux de niveaux présents à différents endroits, est selon moi, une véritable leçon d’aménagement pour l’ensemble des paysagistes, architectes et urbanistes.

 

 

 

 

 

 

Au printemps 2016, le vide de la place de la République était investi par le mouvement Nuit Debout.

Emmanuel GROS

 

Paysagiste, urbaniste, des métiers de la concertation ?

Posted by on 2/01/2017 in Participation | Commentaires fermés sur Paysagiste, urbaniste, des métiers de la concertation ?

Paysagiste, urbaniste, des métiers de la concertation ?

 

Les formations professionnelles sont toujours l’occasion de prendre du recul sur son métier et ses pratiques. Mais certaines formations sont plus percutantes que d’autres et c’est le cas de la formation sur « susciter et mobiliser la participation » organisée par la SCOP Le Contrepied.

 

 Scop Le Contrepied

Alors qu’au sein de la Fabrique du Lieu, nous essayons de revoir notre positionnement pour répondre, avant tout, aux attentes de la population, cette formation pousse les participants à chercher le sens de ce positionnement.

Pour rappel, la loi encourage officiellement à susciter la participation : celle sur la démocratie de proximité de 2001 visait à accroître l’intérêt des citoyens pour la vie publique.

Pourtant, aujourd’hui, cette proximité est loin d’être flagrante. D’abord, la conséquence perverse de l’imposition (impôts et taxes) a mis beaucoup de citoyens dans un rapport de client vis à vis de l’Etat. L’impôt est vu comme le paiement de services rendus et les citoyens se mettent donc de plus en plus dans une posture de consommateurs. L’écart se creuse entre le monde administratif et politique et ceux qui subissent leurs décisions ; les habitants. De nombreuses conséquences en découlent et se manifestent de différentes manières (présence aux urnes, investissement citoyen, candidature aux élections locales, vision de la fonction publique et de la politique en général…).

Face à cela et en s’appuyant sur cette loi, la stratégie du dialogue vise à développer la compréhension des différents points de vue pour tendre vers des prises de décisions qui soient dans l’intérêt du plus grand nombre ou tout au moins permettre de comprendre que les décisions ne peuvent pas répondre aux besoins spécifiques à chacun. Mais au-delà de la simple compréhension qui facilite l’acceptation et qui soulage des décisions qui auraient pu provoquer refus ou ralentissement, il s’agit de rendre les citoyens responsables de leur devenir. S’ils ne sont considérés que comme des exécutants de lois, de directives, de mesures, de programmes imposés, les objectifs recherchés ne seront que difficilement atteints. Au contraire, si les habitants sont à l’origine et actifs au sein d’une démarche, ils seront porteurs, représentants, défenseurs, producteurs… de celle-ci.

Le système actuel favorise pourtant toujours cette posture de consommateurs et infantilise les citoyens. Or, la facilité d’accès à toutes sortes d’informations, démultipliée par le développement d’interne, les rend très conscients et souvent critiques. Ils se forgent un avis qui est souvent vu comme une menace par le monde politique sous couvert de manque de représentativité, de connaissances, d’objectivité… Les habitants constituent une ressource qui est souvent étouffé. Certes la loi défend l’idée de donner aux citoyens une réelle place dans le débat public. Mais sur le terrain, son application est encore marginale ou orientée. Il faut donc systématiquement se battre pour imposer une réelle participation.

En appliquant cette réflexion au paysage, on constate que la aussi la loi va dans le sens de la concertation. La Convention Européenne du Paysage replace « le paysage à la croisée des regards des habitants et des acteurs sociaux, le transformant ainsi en un référent potentiellement partageable et en un support pour penser l’action publique en matière territoriale ou environnementale. Un désir de transversalité et de démocratie, de durabilité et de concertation. », le paysage rejoint le champ du débat public.

Des chercheurs développent ce concept comme David Montembault, « le paysage est triplement concerné par les approches participatives, à la fois comme objet à aménager, soumis aux nouveaux principes du développement durable, comme objet à qualifier, nécessitant de recueillir l’avis des populations, et comme outil de médiation, capable de rassembler les différents acteurs d’un territoire pour une meilleure définition des enjeux d’aménagement. » En effet, il concerne l’environnement au sens large (milieux naturels, agriculture…), le cadre de vie (espace public, routes…) , mais aussi l’économie (circuits courts, gestion forestière…). Et c’est un bien commun qui outrepasse les notions de propriétés et de limites administratives. Chacun peut donc s’y reconnaître et s’y investir. Le paysage n’appartient à personne et ne dépend jamais d’une seule. Il renvoie donc à une notion de bien commun qui est favorable aux démarches collaboratives.

Il est donc judicieux de s’appuyer sur le paysage pour redonner du pouvoir de décisions aux citoyens. C’est que renforcent les propos de Rémi Bercovitz, « l’efficience de telles expériences se mesure moins à la trace qu’elles laissent dans la matérialité des paysages qu’à ce qu’elles produisent dans l’ordre social et culturel, aux solidarités qu’elles stimulent et aux champs de débat et d’initiative qu’elles génèrent, aux liens socio-spatiaux que le paysage permet de faire émerger, dès lors qu’on l’appréhende et l’utilise comme un outil dont dispose les sociétés pour se penser elles-mêmes dans leur environnement ». Le paysage apparaît donc comme un support pertinent pour permettre aux habitants de mettre un pas dans la vie « politique » de son territoire.

Le paysage est donc un bon support pour donner l’opportunité aux habitants de faire parti du débat public. Mais il faut reconnaître que le millefeuille administratif français refroidirait n’importe qui souhaiterait s’investir dans la vie « politique » de son territoire. Le vocabulaire employé, les procédures complexes, la répartition des compétences et des missions, … illustre l’opacité de cet univers. Pour s’immiscer dans ce système, l’habitant lambda a besoin d’un guide qui mette à sa portée les codes institutionnels.

Les métiers de l’aménagement du territoire, dont celui de paysagiste, détiennent ce savoir et peuvent faire l’interface entre les différents univers.

Dans le cadre d’un projet de territoire, le paysagiste établit un diagnostic, des enjeux et des orientations en estimant la faisabilité des solutions proposées. Au travers de ces différentes étapes, il est amené à concerter les décideurs locaux et les spécialistes mais rarement les habitants. Pourtant, alors que ces spécialistes, souvent fonctionnaires de structures publiques ne sont pas libres de paroles et parlent au nom de compétences et missions spécifiques, les habitants sont détachés de toutes censures et de carcans techniques ou politiques. Certes, les élus sont censés être les représentants des habitants. Mais la crise actuelle de la démocratie représentative peut, dans certains cas, nous amener à reconsidérer l’importance de leur légitimité

Le paysagiste est lui même un spécialiste qui pourrait orienter le projet de part sa spécialité là où un animateur plus neutre ne dériverait pas. Cependant, le paysagiste détient les connaissances qui permettront à chacun d’entrer dans les domaines des spécialistes : règlement d’urbanisme, vocabulaire de naturalistes, procédure administrative…

Par ailleurs, que ce soit l’animateur ou le professionnel de l’aménagement, il est souvent recruté par un client dont l’intérêt penche vers les élus. Il s’agit en effet généralement de collectivités qui passent commande et allouent un budget aux études. Il faut donc être vigilants, en tant que maître d’œuvre à savoir garder une certaine indépendance vis-à-vis du client. Pour cela, il est plus facile d’affirmer sa spécialité (exemple : paysagiste) pour imposer légitimement une indépendance dans sa mission.

Enfin, faire intervenir un animateur extérieur au territoire permet d’avoir une posture moins impliquée ce qui favorise d’éventuelles médiations.

Le métier du paysagiste évolue donc du rôle de l’ « expert paysagiste aménageur » à la fois porteur de connaissances et de savoir-faire vers un nouveau statut de médiateur-passeur, chargé de recueillir les multiples connaissances déjà présentes sur un territoire, et d’aider à leur articulation pour construire un projet.

De notre côté à la Fabrique du Lieu, nous ne sommes pas diplômés de sociologie ou « experts du  changement ». Il est vrai que plusieurs parcours professionnels aboutissent plus naturellement à former des animateurs du territoire : éducation populaire, sociologie, recherche… Mais peu de cursus combinent techniques d’animation et maîtrise des questions d’aménagement. Peu de cursus forment à l’animation de projets de territoire. Il revient à chacun de compléter sa formation initiale pour glisser soit vers l’animation, soit vers l’aménagement. Il semble que le premier cap à passer pour les professionnels de l’aménagement soit de changer de posture en sachant temporiser ses réflexes de professionnels pour les mettre au profit des habitants afin de les amener à les maîtriser eux-mêmes.

N’étant « que » paysagiste et urbaniste, nous avons dû compléter notre formation initiale et expérimenter nos méthodes.

En effet, de nombreuses formations sont apparues pour comprendre les différents niveaux de la participation, acquérir des outils adaptés aux différents publics, pour analyser et évaluer les résultats. Mais le changement de posture ne s’apprend pas, au contraire, il s’agit de déconstruire ce que les plus grandes écoles nous ont inculqué. L’univers associatif est un bon terrain d’entrainement pour tester ce nouveau positionnement et se familiariser avec des approches moins confortables. Beaucoup de professionnels de l’aménagement s’engagent d’abord au niveau associatif dans des mouvements plus collaboratifs avant de se permettre d’appliquer ces méthodes au sein de leur contexte professionnel.

Pour finir, il semble indispensable de savoir changer de rôles, en passant du concepteur (sachant), au décideur (élu), au citoyen (habitant)… pour comprendre la diversité des points de vue. Pour être cohérent jusqu’au bout, un professionnel de l’aménagement convaincu par la nécessité d’impliquer les habitants devrait être à tour de rôle l’un de ces acteurs et commencer par s’engager dans la vie locale de son territoire.

 

 

 

 

 

Participation à la rencontre nationale sur la concertation

Posted by on 25/11/2016 in Participation, Publications / Conférences | Commentaires fermés sur Participation à la rencontre nationale sur la concertation

Participation à la rencontre nationale sur la concertation

Le projet agropaysager a été financé en partie par la Fondation de France sur un appel à projet « concertation sur les territoires au service de l’environnement ». La Fondation de France a donc organisé une rencontre nationale pour faire le bilan des expériences qu’elle a soutenu. Le programme a été conçu de façon participative en invitant les porteurs de projets à proposer des sujets, interventions et ateliers. La Fabrique du Lieu a donc suggéré d’aborder les difficultés à faire reconnaitre les résultats de la participation citoyenne.

Synthèse de la rencontre

Intervention de Nicolas Tinet au sein de l’atelier « La concertation bientôt dépassée ? »

Compte-rendu de l’atelier