Les villes en transition

Posted by on 6/04/2013 in Agriculture, Participation

Les villes en transition

Le mouvement des villes en transition est né en Angleterre, plus exactement à Totnes, une petite ville du Devon. On doit cette initiative à Rob Hopkins, formateur en permaculture.

De quelle transition parle-t-on ?

Le mouvement de la transition part de deux principes :

1/ Nous sommes en train ou avons déjà passé le pic pétrolier. Autrement dit la production pétrolière ne va faire que diminuer, entraînant une augmentation des prix de l’énergie conjuguée à une raréfaction de la ressource.

2/ Nous sommes entrés dans une phase de changement climatique rendant l’avenir incertain.

A partir de ces deux principes, le mouvement des villes en transition cherche à construire une société résiliente, autrement dit qui est capable de s’adapter à des changements structurels profonds. Ces changements structurels profonds, c’est la fin d’un modèle de développement basé sur l’exploitation des ressources fossiles et notamment le pétrole.

Comment cela se traduit-il ?

A Totnes, là où le mouvement a démarré, plusieurs citoyens, sous l’impulsion de Rob Hopkins se sont regroupés pour créer un groupe de citoyens en transition. Leurs réflexions et leurs actions tentent de faire évoluer peu à peu la société moderne mondialisée et dépendante au pétrole, en s’attachant autour des ressources locales qu’elles soient naturelles ou humaines. Au-delà des actions mises en place, la transition s’accompagne d’une réflexion profonde sur l’écologie, la vie en société, les rapports sociaux, etc. On peut presque parler de « philosophie de la transition ».

De manière plus concrète, voici les thématiques sur lesquels les groupes en transition agissent directement :

  • la monnaie : en créant des monnaies locales, les villes en transition cherchent à promouvoir et à favoriser les échanges économiques locaux, tout en luttant contre la spéculation monétaire.
  • les circuits-courts : développer les circuits courts, c’est diminuer voire supprimer les intermédiaires dans le cadre des transactions marchandes. Cela permet également de recréer un lien social entre le producteur et le consommateur.
  • la mobilité : dans l’idéal, l’objectif est d’utiliser au maximum les modes de transports doux (vélo, marche à pied, etc.). Pour les longues distances, il vaut mieux privilégier les transports collectifs ou encore des solutions de partage de véhicules comme le covoiturage.
  • la consommation : contrairement à la consommation de masse qui privilégie l’achat et le remplacement systématique, les citoyens en transition cherchent à développer les logiques de recyclage, de réparation ou d’échange lorsqu’un bien n’est plus utilisé.
  • l’énergie : les actions sur l’énergie consistent d’une part à diminuer l’utilisation des énergies fossiles et notamment le pétrole, et d’autre part à encourager le développement d’énergies renouvelables y compris à des micros-échelles (bois de chauffage, biomasse, solaire, éolien).
  • l’agriculture : il s’agit de repenser l’agriculture pour que celle-ci soit moins polluante et dépendante aux énergies fossiles (intrants, déplacements), plus proches des consommateurs et de ses besoins, et moins vulnérables face aux marchés financiers et à l’endettement. L’agriculture doit également réintégrer la ville sous la forme de vergers et de jardins partagés.

Regard sur….Saint-Quentin en transition

A Saint-Quentin-en-Yvelines, à  une vingtaine de kilomètres de Paris, s’est développée l’association St-Quentin-en-Transition. L’association, qui regroupe à la fois des associations mais aussi des habitants, agit en mettant en place de nombreux projets de transition. Ceux-ci sont réfléchis et pensés dans les quatre groupes thématiques qui se réunissent régulièrement : objets et déchets, habitat et énergie, bien-être, le trésor de nos savoir-faire. Voici deux exemples de projets portés par l’association.

Les « mains dans la terre » le jardin pédagogique et participatif

A Magny-les-Hameaux, une des villes de la communauté d’agglomération, s’est installée dernièrement l’association des Jardins de Cocagne. Grâce à une convention signée entre les deux association, SQYenT bénéficie d’une petite parcelle qu’elle peut exploiter à sa guise.  L’idée de créer un jardin aménagé selon les principes de la permaculture s’est vite imposée. Ensemble et de manière participative et ludique, les « transitionneurs » construisent peu à peu leur jardin en misant sur le partage et l’entraide, la mutualisation des savoirs et la pédagogie.

Incroyables comestibles

Incroyables comestibles a été lancé en janvier 2013 par l’association. Il s’agit de mettre à disposition de tous, dans une logique de partage, les fruits et légumes produits chez les habitants. Une simple pancarte dans un bac-potager sur laquelle est écrit « Servez-vous », et voilà comment changent petit à petit les mentalités et le rapport à la nourriture et à la nature. A coup sûr une belle leçon de solidarité, et qui crée du lien entre les habitants. Aujourd’hui, l’association travaille avec la mairie de Magny-les-Hameaux pour que certaines parcelles municipales soient dédiées à ces micro-cultures.

En plus de ces projets, l’association participe à de multiples manifestations comme « parking day », « le grand nettoyage de printemps » et bien d’autres.

Un réseau qui se développe

D’abord initié en Angleterre, le réseau est aujourd’hui composé de plus de 150 initiatives partout dans le monde. La terminologie « Ville en transition » a peu à peu laissé la place aux « initiatives en transition », mieux adaptés aux différentes échelles sur lesquelles ces groupes de citoyens agissent. Le réseau de la transition organise ainsi chaque année des rencontres d’échanges, permettant de valoriser et de mutualiser les bonnes pratiques expérimentées sur chaque territoire.

Pour en savoir plus sur le mouvement : http://villesentransition.net/

http://sqyentransition.wordpress.com/

 

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