Les friches naturelles et urbaines

Posted by on 22/04/2013 in Agriculture, Espace public

Les friches naturelles et urbaines

C’est quoi une friche ?

La friche traduit la fin d’un modèle, que ce soit l’abandon d’une pratique culturale ou l’arrêt d’une zone économique.

Souvent située à la marge ou à l’entre-deux, comme une dent creuse, un délaissé routier, une berge de rivière, la friche est un résidu, une miette.

Abandonné par ses responsables gestionnaires ou propriétaires, la friche est souvent « récupérée » par des usages plus marginaux, à la recherche d’espaces de liberté, de non-surveillance. Ces usages encadrés ou non produisent une nouvelle image aux lieux quelle soit positive ou négative ; décharges, jardins partagés, squats, créations artistiques…

La limitation de la consommation des terres donne un nouveau regard sur la friche.

Aujourd’hui, l’urbanisme est rentré, de manière parfois un peu idéologique, dans l’ère de la densification.  Le chiffre régulièrement avancé d’un département français artificialisé tous les sept ans entraîne une remise en question du modèle urbain moderne basé sur l’extension urbaine au détriment des terres agricoles. On ne cesse alors de marteler le crédo « il faut construire la ville sur elle-même »

Ainsi les dents creuses, les sites abandonnés, les délaissés, les interstices… deviennent des potentiels de densification pour la commune. Il s’agit donc aujourd’hui d’un enjeu urbain très important sur lequel chaque sensibilité politique a son opinion. Pour certains, il s’agit d’opportunités de construction à saisir dans une logique de densification. Pour d’autres, les friches renvoient à des espaces de liberté à conquérir, en promouvant certaines formes d’actions de réappropriation autour de pratiques souvent culturelles et/ou artistiques.

Des friches d’une grande diversité :

  • friches naturelles : zones humide, prairies, ronciers, taillis, forêts sauvages…
  • friches agricoles : prairies, terres non exploitées, terres en attente de constructibilité…
  • friches urbaines : dents creuses, sites commerciaux, industriels et militaires abandonnés, délaissés routiers, voies ferrées désaffectées, stations services fermées, bassins de rétention…
  • friches bâties : bâtiments agricoles, scolaires, militaires, industriels… qui ne sont plus utilisés ou plus aux normes…

Une méthode pour définir un projet de territoire sur les friches :

  • Référencer les friches sur SIG pour identifier le potentiel de chacune d’elles (sol, accès, contexte, surface, nature, usages, pollutions…),
  • Retracer l’histoire du site pour retrouver un regard positif,
  • Soutenir les occupations temporaires par des conventions d’utilisation précaire,
  • Réunir des acteurs transversaux pour définir des projets sur ces sites en tenant compte des reconversions en logements, activités, agriculture, jardins…
  • Inscrire aux PLU les vocations futures des friches,
  • Mobiliser les moyens appropriés pour reconquérir les friches.

Quelques piste d’outils pour reconquérir les friches :

Pour les friches naturelles et agricoles :

  • Mettre en place de l’éco pâturage pour défricher les espaces naturels et prairies,
  • Produire du bois énergie ou du BRF en défrichant des friches avancées,
  • Mobiliser la SAFER ou l’association Terres de Liens pour acquérir des terres pour des exploitants agricoles,
  • Mobiliser les fonds ENS des Conseils Généraux pour acquérir des milieux naturels.

Pour les friches urbaines et bâties :

  • Inscrire au PLU des emplacements réservés pour permettre la préemption,
  • Mobiliser les fonds des Etablissements Publics Fonciers pour acquérir des sites pollués en vue de travaux de dépollution, démolition, construction,
  • Mobiliser les fonds régionaux pour requalifier les friches situées en coeur de village,
  • Suivre les appels à projet de l’ADEME pour la réhabilitation des friches,
  • Lancer des démarches BIMBY pour travailler sur les petites enclaves privées…

Et si on les laissait tranquille ?

Ces espaces représentent certes des potentiels de constructions ou d’exploitations importants mais il faut trouver un juste équilibre dans cette démarche qui permette de préserver des ilots de nature, de sauvage, de liberté. Que ce soit pour la biodiversité ou le cadre de vie, une friche est un refuge pour la faune et pour l’imaginaire. Dans une société qui impose des standard de propreté et de sécurité, ces espaces offrent un peu de respiration qu’il faut savoir protéger.


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