L’agriculture au coeur de l’aménagement urbain

Posted by on 5/02/2012 in Agriculture

L’agriculture au coeur de l’aménagement urbain

La nécessité de rapprocher la production alimentaire du consommateur est devenue une évidence. Evidence qui se manifeste par un développement exponentiel des actions de soutien à l’agriculture de proximité (AMAP, Terre de Liens…).

Cependant, on mesure beaucoup moins les avantages de ce rapprochement pour la vie citoyenne.

Quels sont les avantages d’installer un maraîcher aux abords de la ville ?

  • donner une nouvelle valeur aux terrains en déprise ou en attente d’urbanisation,
  • redonner vie à des corps de ferme abandonnés par l’agriculture céréalière,
  • réduire l’impact des installations indispensables à l’activité agricole dans le grand paysage (serres, hangars),
  • réduire les temps de transport pour la distribution et donc les émissions de CO2,
  • offrir des logements aux ouvriers agricoles proches de leur lieux de travail,
  • favoriser les échanges entre monde urbain et monde agricole,
  • aménager un cadre de vie qualitatif et sain,
  • et bien sûr proposer des denrées alimentaires saines…

 

Malgré tous les intérêts de développer cette agriculture de proximité, l’installation de maraîchers aux abords de la ville semble devoir affronter plusieurs freins.

Tout d’abord, l’agriculture en place semble suffisamment rentable, en particulier l’agriculture céréalière. Et dans ce cas, il est difficile d’imaginer des reconversions. Ensuite, l’investissement financier est très important, il s’agit principalement du financement de l’acquisition des terres,  des locaux, des serres et de la main d’oeuvre.

Ce sont de véritables obstacles à l’installation de maraîchers de proximité que seule la mobilisation politique et citoyenne peut surmontée dans le cadre d’un projet de territoire.

En effet, beaucoup de communes ont des terres en déprise agricole ou peu rationnelles pour l’exploitation céréalière. Par ailleurs, certaines collectivités ou  particuliers sont déjà propriétaires de terres.  L’accès aux terres est donc surmontable via l’aide publique et privée. Il suffit de recenser ces potentialités.

En ce qui concerne, les investissements financiers, là encore, dans le cadre d’un projet global qui sert autant l’exploitant que la communauté, des co-financements sont à envisager pour mutualiser équipements et logements. On entre dans un véritable projet de territoire comme celui de construire un gymnase, une zone d’activités, des routes…

D’un point de vue réglementaire et foncière, quels sont les ingrédients d’une installation d’un maraîcher réussie ?

  • disposer d’une surface d’au moins 4ha (pour le maraîchage),
  • permettre l’installation de surface importantes de serres,
  • permettre la construction ou la reconversion pour créer un bureau, un hangar, un logement principal, une chambre froide, des logements de saisonniers, un point de vente, une cour technique…

D’un point de vue opérationnel, quels sont les ingrédients d’un projet agri-urbain ?

  • créer des cheminements mutualités (circulations agricoles et chemins de promenade),
  • aménager une aire de stationnement desservant le point de vente, les chemins de promenade et d’autres équipements,
  • créer un espace public de liaison (verger, prairie, mare…) bénéficiant aux habitants et aux exploitants,
  • favoriser l’implantation de jardins familiaux et partagés, d’espaces de loisirs (terrains sportifs…), d’équipements associatifs et jeunesse en lien avec l’exploitation,
  • penser l’implantation du bâti en lien avec l’urbanisation existante (dent creuse, frange…),
  • organiser le mode de distribution des productions (livraisons, marchés, vente en direct, AMAP, commerces…),
  • mettre en réseau les différents producteurs (mutualisation des équipements, des modes de distribution…),
  • organiser des manifestations, des visites, des ateliers participatifs sur l’exploitation…

Permettre à l’agriculture de vivre avec la cité, c’est engager un changement de société.

 

 

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