Inventorier les vues pour retrouver le paysage.

Posted by on 13/11/2013 in Paysage

Inventorier les vues pour retrouver le paysage.

Nos territoires sont globalement touchés par la fermeture du paysage que ce soit par l’avancée de la forêt, le développement de friches, la progression de l’urbanisation. Si ces dynamiques sont liées pour beaucoup au changement des pratiques agricoles, elles n’en demeurent pas moins une menace pour le paysage. Tout simplement, le paysage tend à disparaître. S’il ne s’agit pas d’entretenir tout le paysage ouvert de façon artificielle, il s’agit d’identifier les vues dont la valeur est suffisamment reconnue pour engager une gestion soutenue. Cette valeur s’appuie sur l’intérêt du paysage à observer, sur la qualité de l’aménagement du point de vue, sur la fréquentation du site et sur le rapport sensible qu’ont les usagers à cette vue.

Pour recenser ces vues, seul le travail de terrain croisé aux témoignages des riverains permet de déceler ses vues disparues ou en cours de disparition.

Quand les vues sont repérées, il faut réaliser une photographie panoramique de la vue, photographier aussi le point de vue, c’est-à-dire le lieu où l’observateur se situe pour contempler la vue et noter précisément les coordonnées GPS du point de vue. Le champ de vue sera reporté sur une carte pour percevoir la profondeur et la largeur du champ visuel.

Enfin, pour permettre de déterminer la valeur de cette vue, qui déterminera la nécessité de mener des travaux sur ce site ou non, une grille d’analyse permet de classifier la vue selon :

  •  la typologie de la vue,
  • l’orientation de la vue,
  • la nature de l’objet contemplé,
  • la description de l’objet permettant la contemplation,
  • la situation du point de vue,
  • l’accès à ce point de vue,
  • les menaces qui pèsent sur cette vue,
  • les enjeux qui en découlent,
  • les actions à mener
  • la présence de covisibilités,
  • son intérêt pour déterminer les priorités.

Cette démarche permet donc d’argumenter pour agir mais aussi de comprendre les dynamiques en place sur un ensemble de vues sous la forme d’analyses statistiques.

Cette phase de recensement est donc une étape nécessaire à la définition des interventions. Il s’agit ensuite de déterminer des modes d’actions pérennes dans le temps qui garantiront un maintien des vues ré-ouvertures.

Exemples d’actions à mener en fonction du contexte et des moyens :

  • éco-pâturage,
  • prairies de fauche,
  • déplacement des sédiments,
  • cultures submergées,
  • taillis à courte rotation,
  • roselières,
  • espaces verts…

Le défi étant de lutter dans le temps contre le développement inéluctable de la végétation qui contribue à la fermeture des paysages.

 

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